Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 15:28

Bonjour à tou-te-s,

Des nouvelles des congés pater pour les intermittents, c'est possible ! Alors que tous mes collègues intermittents m'ont tous dit n'avoir jamais pris leur congés pater (trop compliqué, pas facile à pauser), grâce à vos information et ma ténacité auprès de la CPAM de Rouen, j'ai pu les obtenir et ils m'ont été versés !
Les pièces à fournir : Acte de naissance de l'enfant, tous les bulletins de salaires sur une année précédant le mois où sont demandés les congés, l'attestation assedic des périodes indemnisées des douze derniers mois précédant le mois où sont demandés les congés, une déclaration sur l'honneur (datée et signée) indiquant que l'on ne travaille pas au cours de la période à laquelle les congés sont pris (11 jours consécutifs). L'idéal est de se rendre si possible aux guichets de la CPAM pour déposer le dossier, ça permet de vérifier qu'il est complet, j'ai moi-même été très bien accueilli.
L'indemnité journalière de paternité calculée s'est trouvée être quasiment la même que mon indemnité journalière d'intermittent, ça vaut donc le coup de faire cette démarche, car ce droit existe, et qu'il participe selon moi au combat féministe et à l'égalité homme-femme qui passe aussi par le fait que les hommes, même intermittents du spectacle, dispose au moins de cette courte période pour avoir plus de temps pour leurs enfants.

Lors de l'actualisation mensuelle d'activité, pour l'assedic il suffit de déclarer cette période comme un arrêt maladie, puis de leur envoyer le justificatif de la CPAM par la suite.

La prochaine étape serait que ces jours soient pris en compte lors du calcul pour l'ouverture des droits à l'intermittence, pas vrai ?
Je suis volontaire !

Salutations patermittentes. Thomas.

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 10:35

"Accompagnement d'une intermittente à la sécurité sociale pour une demande d'information et de re-calcul du montant de l'indemnité journalière maternité."


Le vendredi  27 avril avril a 11 heures une dizaine de personnes ont accompagné une intermittente du spectacle qui contestait le montant de son indemnité journalière versée par la SS au titre d'un congé maternité.
Après avoir pris un ticket et attendu notre tour nous nous retrouvons dans le box d'une agent(e) de la cpam qui, nous trouvant trop nombreux, fait de suite intervenir le vigile et sa responsable afin de nous faire reculer. Seules deux personnes seront admises dans le box pour expliquer la raison de notre venue.
En congé maternité depuis le 29 mars, l'assurée explique qu'elle a reçu un virement de la SS sans aucune notification par courrier, et conteste le montant journalier qui s'élève à 23,24euros. Selon les informations qu'elle a pu réunir grâce à différents collectifs (la CIP et les Matermittentes) elle pense devoir être indemnisée à hauteur de 77 euros/j. Elle a adressé une lettre de contestation en ce sens au service des IJ de la cpam le 19 avril, restée à ce jour sans réponse.

L'agent de la cpam, sur la défensive, assistée de la responsable, invoque d'abord le fait que les employés sont là pour "recevoir les assurés" mais ne peuvent rien faire pour nous aider. Que le faible taux perçu par l'assurée "est dû à son statut!" ce que nous contredisons bien entendu. Elle ajoute que le dossier est "en cours de contrôle". Lorsque nous lui demandons ce que cela signifie elle ne peut en dire plus.
Refusant de nous satisfaire de cette réponse nous lui demandons d'examiner ensemble le dossier en question, ce qu'elles refusent. L'assurée propose alors de téléphoner au service des indemnités journalières dont elle dépend et dont elle a le numéro de téléphone. La responsable refuse, disant qu'elle n'a pas le droit et qu'ils ne pourront rien faire.
Devant notre insistance elle décroche à contre cœur le téléphone et nous assistons à la conversation. Elle donne le numéro de sécurité sociale de l'assurée, dit à son interlocuteur que la personne concernée est face à elle et que le dossier étant 'en cours de contrôle" elles ne peuvent rien faire. Elle s'apprête à activer le haut parleur afin que nous puissions entendre des explications lorsqu'à ce même moment et "c'est un hasard" nous assure la responsable, le dossier est débloqué et le montant de l'indemnité journalière est finalement de 80 euros!!!, soit le plafond....
Nous demandons à la responsable de nous imprimer un papier stipulant la demande faite ce jour d'être informés par écrit du montant du calcul de l'indemnité journalière. Nous recevons également un papier stipulant le nouveau taux de l'IJ.
L'assurée passe finalement d'un revenu de 700euros à 2400 euros par mois.

Un autre cas est également soumis à cette même agent(e) de la cpam concernant les modalités d'ouverture de droit pour son congé qui doit débuter le lendemain (samedi 28 avril). L'agent de la cpam répond qu'elle ne peut pas le prendre ce jour car elle ne peut pas l'antidater. Elle nous  propose de revenir lundi. Nous lui demandons son nom pour que nous puissions avoir à faire à elle de nouveau. L'assurée a donc un rendez vous, avec le même agent, lundi prochain. L'agent donne une série d'explications sur son cas puis rappelle l'assurée en début de soirée, lui disant qu'elle a réfléchi au problème. Mais là elle tient un autre discours, toujours contradictoire avec les textes que nous avons en notre possession et à l'opposé de ce qu'elle affirmait plus tôt dans la matinée. Au final, nous y retournons lundi prochain, avec d'autres arguments pour faire en sorte que le dossier soit traité correctement. Affaire à suivre donc...

des infos aussi ici :
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4974

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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 13:01

Carla B. ne materne pas les intermittentes

Cela fait plus de trois ans qu’elles mènent la lutte. Les Matermittentes: comédiennes, chanteuses, techniciennes du spectacle ou réalisatrices, se battent comme elles peuvent pour que les intermittentes du spectacle aient droit à un congé maternité digne de ce nom. Sous couvert de flou administratif, la Sécurité sociale leur refuse en effet ce droit dans de très nombreux cas – qu’aucune instance officielle ne prend d’ailleurs la peine de chiffrer.

Elles ont tout tenté : récolter 3000 signatures en bas d’une pétition, manifester devant l’Assemblée Nationale avec des ballons de baudruche sur le ventre, rencontrer des parlementaires pour qu’ils interpellent le gouvernement, déposer des dizaines de dossiers à la HALDE, passer des heures à défendre leur cas au ministère du Travail… Mais rien n’y fait. A l’Assemblée Nationale, lorsqu’un député socialiste a interpellé le gouvernement sur la question fin 2010, les ministres se sont habilement renvoyé la balle. A l’époque ministre de la Santé, Roselyne Bachelot assurait que ce dossier relevait du Ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale. Depuis lors, elle a justement été placée à la tête de ce ministère, et rien n’a changé.

« On a l’impression de se faire enfumer. Lors de nos rendez-vous qui durent des heures aux ministères ou à la Sécurité sociale, on nous oppose des points de droit de plus en plus opaques... Et s’ils le sont pour nous qui travaillons sur ces dossiers depuis des années, on se demande comment un usager lambda peut s’en sortir », résume une militante.

Ultime recours officiel : la HALDE n’existe plus, mais sa mission est désormais prise en charge par le Défenseur des droits, qui vient de publier un verdict entièrement favorable aux Matermittentes. A la Caisse nationale d’assurance maladie et au Ministère du Travail, cette instance recommande « d’engager une réflexion » permettant une meilleure prise en compte des spécificités des activités des intermittentes du spectacle afin d’assurer l’indemnisation de leurs congés maternité.

« Pour nous c’est une victoire parce que ça rend officiellement visibles nos problèmes aux yeux de la Direction de la sécurité sociale et du Ministère du travail. Mais la « réflexion » est déjà engagée depuis plus de deux ans, et on commence à désespérer ».

A la Caisse nationale d’assurance maladie, où les Matermittentes sont allées déposer officiellement ces recommandations la semaine dernière, on assure attendre une nouvelle circulaire du Ministère du travail pour faire évoluer les choses. « Le problème, c’est que le Ministère nous promet cette circulaire depuis déjà un an », se désole une jeune artiste, qui s’est vue refuser son congé maternité parce qu’elle n’avait travaillé que 730 heures au cours des douze mois précédant sa grossesse, au lieu des 800 heures requises. Faute de remplir cette condition, elle aurait pu accéder au droit des femmes enceintes en justifiant 200 heures de travail dans les trois mois précédent sa grossesse, mais manque de chance, c’est juste après cette date fatidique qu’elle a fait le nombre d’heures attendues. Trop tard, donc…

Conscientes que les batailles administratives ne sont pas toujours les plus concluantes, les Matermittentes ont voulu parier l’an dernier sur la solidarité d’une consoeur (chanteuse) haut placée qui était alors enceinte : Carla Bruni. Le collectif lui a adressé ces mots.

« Imaginez que votre métier de chanteuse vous permette tout juste de subvenir à vos besoins, que vous fassiez vos courses, que vous payiez un loyer, des factures de téléphone, d'eau, de gaz, d'électricité, (…) bref, imaginez que vous meniez la vie que mène la grande majorité des gens. Imaginez que, tombée enceinte, vous continuiez à exercer votre métier le plus longtemps possible… et qu’un autre jour vous preniez un congé maternité indispensable et obligatoire (…). Imaginez le jour où, sur le point d’accoucher, vous appreniez par courrier que la Sécurité sociale refuse d’indemniser votre congé maternité (…) Imaginez votre réaction quand, du jour au lendemain, et simplement du fait de votre grossesse, vous n’avez plus aucun revenu (…) alors que vous exercez votre métier depuis de nombreuses années. Alors (…) ce ne sont plus « les joies de la maternité » mais le début de la précarité. Sur quelles ressources allezvous vivre pendant ces semaines d’arrêt ? A qui allezvous emprunter ? Comment payer votre loyer, la crèche, ou la nounou à venir ? »

A ce jour, cette lettre demeure sans réponse.

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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 21:01

 

Par Pierre Penin, Bayonne

Des fleurs pour des droits

La réalisatrice Maiana Bidegain a manifesté en douceur, lors du FIPA, pour défendre la cause des intermittentes du spectacle, fragiles devant le congé maternité.

Avec des fleurs, Maiana Bidegain a plaidé la cause des mères intermittentes au FIPA.

Dans les salons du FIPA (1), Maiana Bidegain vous aborde avec une petite fleur jaune. Elle vous l'accroche à la boutonnière et engage la conversation. Tout poétique et sympathique que soit le geste, il n'en demeure pas moins un acte d'alerte, sinon de protestation. La réalisatrice bayonnaise, reconnue pour son travail de documentariste (on se souvient notamment de « Secretos de lucha »), défend ici la cause des intermittentes du spectacle qui expérimentent la grande marginalité pour l'administration de leur statut au moment de solliciter un congé maternité.

Avec son petit bouquet pour médiateur, elle explique à ses interlocuteurs du monde audiovisuel : « Je viens vers vous pour informer des difficultés pour les mères intermittentes du spectacle à faire valoir leurs droits au congé maternité. » Donc, aux indemnités relatives.

Double écueil

Le problème est donc double, soulevé depuis plusieurs années déjà par le collectif national des Matermittentes (www.matermittentes.com). D'abord, la simple obtention d'un congé maternité ne va pas d'elle-même. « Il faut avoir travaillé 200 heures lors des trois derniers mois ou bien 800 sur les douze derniers. » Rien de moins évident pour qui connaît le caractère aléatoire de l'intermittence du spectacle. « Quand on sait que beaucoup de professionnels ont du mal à faire les 507 heures minimales en dix mois, nécessaires à l'ouverture de leurs droits (lire par ailleurs)... »

En plein travail de montage avant la naissance de Yoann, son fil aujourd'hui âgé de deux ans, Maiana Bidegain a obtenu son congé maternité. Mais celui-ci acquis, se pose alors la question de son indemnisation. La loi est floue, qui, pour faire simple, permet aux Caisses primaires d'assurance-maladie de prendre pour base de calcul les 12, ou bien les 3 derniers mois de travail. Dans le cas de Maiana, la CPAM de Bayonne a considéré l'année écoulée. À son désavantage, estime la jeune mère : elle a engagé un recours contre l'organisme devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS). Celui-ci doit examiner la requête aujourd'hui.

Un calcul sur 365 jours

Le problème central soulevé par les Matermittentes comme Maiana Bidegain, c'est l'opération mathématique aveugle qui consiste à diviser les revenus des intermittentes par les 365 jours de l'année, pour définir l'indemnité journalière de la mère en congé. « Le principe de base, c'est que l'indemnité doit être conforme au salaire moyen net journalier. Ce n'est pas le cas si l'on calcule une moyenne

sur la base de 365 jours. »

Elle revendique une moyenne calculée sur la base des seuls jours effectivement travaillés. Cela prendrait en compte la précarité de l'intermittence, l'irrégularité du travail. « C'est d'ailleurs vrai pour tous les travailleurs aux revenus discontinus, comme les saisonniers. » Voilà pourquoi la réalisatrice plaide pour une indemnisation plancher : « J'aimerais que la loi fixe un minimum qui serait le SMIC pour les mères en congé maternité. »

Concrètement, Maiana Bidegain a perçu 24 euros par jour pour un montant mensuel de 700 euros environ. « Ca fait moins de la moitié de mon revenu l'année dernière. » Et de pointer l'absence totale d'harmonisation entre les CPAM: « Certaines, comme à Paris, s'efforcent généralement d'adopter le mode de calcul le plus avantageux pour l'intermittente. Si j'avais été à Paris, j'aurais a priori perçu le triple. »

Choix entravé

Effet collatéral : quand la professionnelle a rouvert ses droits d'intermittente, au sortir de son congé maternité, ses revenus ont sensiblement baissé. Car les maigres mois du congé sont entrés dans l'évaluation de son indemnité. Au final : moins 400 euros par mois environ.

Un second enfant ? « Je me pose franchement la question. Si cela signifie presque deux ans de précarité... ». Le cœur de la question se situe finalement ici : remettre en cause le projet familial pour une question d'argent. « C'est une réalité », insiste Maiana Bidegain. Nous avons joint la CPAM de Bayonne qui n'a pas souhaité commenter la procédure.

(1) Festival international des programmes audiovisuels. Il se tient à Biarritz jusqu'à dimanche et réunit des professionnels de l'audiovisuel venus du monde entier.

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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 03:40

Vous pouvez consulter ici les conclusions rendues par le Défenseur des Droits le 15 mars 2012 qui reconnait la discrimination fondée sur l'état de grossesse.


conclusions DDD saisine collective

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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 14:06

 

Bonjour à toutes et à tous,

Le Défenseur des Droits a enfin rendu ses conclusions suite à la saisine collective, lancée par notre collectif, en juin 2010.

Le 15 mars dernier, il a donc été officiellement reconnu "que le dispositif d'attribution des prestations aux intermittentes du spectacle durant et à l'issue de leur congé de maternité n'est pas assuré", et que cette situation constitue une discrimination fondée sur l'état de grossesse.

Fêtons cette victoire
le mercredi 11 avril prochain à 15h,
devant le siège de la CNAMTS
Le siège de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés est à l'adresse suivante : 50, avenue du Professeur André Lemierre dans le 20ème arrondissement de Paris (Métro : Porte de Montreuil).

Si cette décision fait avancer la cause des salariés à emploi discontinu, les dysfonctionnements n'en sont pas moins "continus".

Nous remettrons en main propre les conclusions du Défenseur des Droits à la CNAMTS (Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés). Nous marquerons ainsi notre veille sur le sujet, notre volonté de mettre en lumière la maltraitance de nos droits et notre détermination à faire évoluer la législation.

Nous voulons une protection sociale cohérente quelle que soit la forme de salariat (intermittence, intérim, piges, vacation...). Nous affirmons que le modèle d'une société divisée, concurrentielle et comptable, pour laquelle la protection sociale n'est qu'un enjeu purement marchand, est un modèle caduc.

Rassemblons-nous ! On compte sur vous!

Solidairement,


Les Matermittentes

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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 15:35

 

Des femmes salariées éjectées de la protection sociale lorsqu'elles mettent un enfant au monde !

Le collectif des Matermittentes


Les matermittentes ? Ce sont des femmes à emploi discontinu qui se battent pour vivre leur maternité comme toutes les femmes malgré les embûches ; nous les avons rencontrées ; elles nous expliquent ...

 

En France en 2012 est-il désormais établi que les femmes doivent supporter seules le risque de faire un enfant dès lors que c'est “un choix” ? Chaque individu doit-il supporter seul et prendre en charge le risque de tomber malade, ou d’avoir un accident du travail ? Ne doit-on plus compter sur un système solidaire qui protège les plus vulnérables ? C’est ce que nous pressentons, c’est ce que nous refusons !

Femmes salariées en CDD, en intérim, à temps partiel, vacataires, pigistes, intermittentes du spectacle, nous avons en commun d’avoir eu un enfant ces dernières années et, pour cette simple raison, d’avoir vu nos vies basculer dans la pré- carité, nos statuts bafoués, et d’avoir été ignorées dans nos droits les plus élémentaires.

Nous sommes privées de congés maternité au moment où nous devrions avoir droit à une protection sociale nous assurant les quelques mois de répit indispensables.

Dans notre pays qui s’enorgueillit de son taux de fécondité, le plus élevé d’Europe, beaucoup de femmes qui travaillent n’ont pas droit aux indem- nités de congé de maternité versées par la sécu- rité sociale, avec pour conséquence une rupture totale de revenus. Combien de femmes sont concernées ?... Une femme dont le congé maternité n’est pas indemnisé n’est tout simplement pas considérée comme étant en congé maternité! D’où l’impossibilité de chiffrer les dégâts.

Le collectif des Matermittentes s’est constitué en déposant une requête collective à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité aujourd’hui deve- nue le Défenseur des Droits), le 9 juin 2010 et a lancé une pétition. Ce collectif oriente et aide quo- tidiennement des femmes qui ne trouvent pas de réponses à leurs cas auprès des agents de la CPAM, dont les dossiers sont traités de manière aléatoire et sans explication... Est-il possible d’envisager que la réforme de la sécurité sociale n’aille pas uniquement vers sa privatisation mais permette à toute femme qui décide de donner naissance à un enfant de le faire dans les meilleures conditions ?


Les Matermittentes : regroupées pour ne plus subir et agir pour l’égalité de nos droits !

Depuis plusieurs années, nous avons toutes cheminé de façon isolée en multipliant les démarches ici et là... Nous avons subi ces discriminations dans le plus grand isolement.

I. L'accès aux indemnités des congés maternité de la CPAM

La CPAM demande aux femmes enceintes à emploi discontinu, dont la particularité est préci- sément d’exercer une activité irrégulière, rémunérée de manière ponctuelle et souvent par plu- sieurs employeurs, de réunir les mêmes conditions que les femmes enceintes en CDI.

Au motif de l’irrégularité de leur emploi et parfois de la faiblesse de leur revenu salarié, certaines femmes ne perçoivent pas d’indemnité journa- lière de la CPAM pendant leur congé maternité. Il arrive qu’elles ne remplissent pas les condi- tions requises pour ouvrir des droits à l’indemnité journalière de la CPAM, alors même qu’elles ont cotisé comme tout autre salarié pendant leur période de travail. De plus, l’absence de prise en charge de leur congé maternité par la CPAM se conjugue avec leur radiation de Pôle Emploi (car “ inapte “ à la recherche d’emploi) pendant cette même période.


Or, pendant cette période de congés de 16 semaines au maximum, elles ont une interdic- tion formelle de travailler pendant un minimum de 8 semaines, comme le prévoit l’Article L224- 1 du code du travail. Enfin, elles n’ont aucune possibilité de percevoir un autre revenu légal et ne peuvent bénéficier d’aucun minimum social (ni allocation ni aide). Pourtant, et c’est bien le moins, une femme au RSA ne perd pas le bénéfice du RSA pendant son congé maternité.

II. La prise en compte du congé maternité par Pôle Emploi après le congé

En temps normal, le congé maternité est comp- tabilisé par Pôle Emploi dans le calcul d’ouver- ture de droits à l’assurance chômage, à raison de 5 heures par jour de congé maternité. Dans le cas où la CPAM refuse d’indemniser ce congé, Pôle Emploi ne le prend pas en compte et il en résulte une sortie quasi systématique des mères salariées du régime de l’intermittence.

Les mères intermittentes et à emploi discontinu subissent donc un double préjudice : après avoir été privées d’indemnisation de la part de la CPAM, elles sont privées de l’accès à l’indemnisation chômage, alors qu’elles ont travaillé et ont désormais un enfant à nourrir.

Et même dans le cas où, malgré le parcours du combattant que la réglementation lui imposeune mère salariée intermittente ouvre des droits auprès de Pôle Emploi à l’issue d’un congé maternité indemnisé, son indemnisation est généralement très inférieure à celle dont elle bénéficiait avant son congé maternité en raison du mode de calcul pratiqué.

Ce qui revient à dire que la maternité peut faire baisser le revenu des femmes salariées à emploi discontinu les plongeant dans l’impécuniosité alors qu’elle n’a aucune répercussion sur celui des salariées en CDI.

III. La prise en compte du congé maternité pour la Retraite

La période du congé maternité ne sera pas non plus prise en compte dans le calcul de leurs retraites du fait qu’aucune indemnité n’a été perçue durant cette période. Elles sont donc pri- vées des droits inhérents à la maternité en matière de retraite. Et subissent alors une triple peine.

Depuis 2 ans, nous travaillons à comprendre la législation, les codes du Travail et de la Sécurité Sociale. Nous défendons des dossiers au Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS). Nous alertons les politiques sur cette problématique qui concerne en fait une large population mais qui reste invisible en termes de chiffres. Nous souhaitons obtenir la continuité des droits pour toutes les femmes salariées, rétablir l’égalité entre toutes les femmes au moment de leur maternité et nous luttons contre les discriminations et l’application aléatoire des lois par la CPAM et Pôle emploi...

Nos revenus se composent de salaires et d’al- locations chômage. Or pour indemniser un congé maternité (ou un arrêt maladie) la sécurité sociale ne tient compte que des revenus provenant des salaires (qui peuvent être assez bas et bien au-dessous du minimum de cotisations requis).

A l’heure où Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, peut considérer à l’Assemblée Nationale que “La rédaction d’un rapport sur les conditions d’in- demnisation du congé maternité des personnes travaillant par intermittence ne (...) paraît pas nécessaire”, les salariées à emploi discontinu ont plus que jamais besoin de toutes les voix pour faire entendre la leur.


Pour signer la pétition : http://7468.lapetition.be/

Egalité 64 - mars 2012

 


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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 15:25

Congés maternité des intermittentes : « une victoire après deux ans et demi de lutte »

  Le collectif Les Matermittentes défend les salarié-e-s des professions discontinues qui peinent à faire valoir leurs droits à la protection sociale, en particulier ceux des intermittentes du spectacle qui ont du mal à obtenir l’indemnisation de leurs congés maternité.

Or, le 15 février dernier, le tribunal des affaires de la sécurité sociale a rendu un délibéré en faveur d’une intermittente du spectacle concernant l’indemnisation de son congé maternité par la Caisse d’assurance maladie de Paris. Une première victoire pour Les Matermittentes.

Entretien avec Hélène Crouzillat, réalisatrice et membre du collectif.

Le 15 février dernier, le tribunal des affaires de la sécurité sociale a rendu un délibéré en faveur d’une intermittente du spectacle, suite à l’absence d’indemnisation de son congé maternité par la Caisse d’assurance maladie de Paris…

C’est une victoire, au terme de deux ans et demi de lutte pour obtenir une réponse claire des services concernés sur l’application de l’article 311-5, article dit de maintien de droits pour les professions discontinues.

Dans ce dossier, la juge a estimé la plainte recevable, au titre de cet article. Habituellement, appliqué aux chômeurs anciennement en CDI, il est maintenant reconnu, grâce à ce délibéré, qu’il peut s’appliquer dans certains cas aux intermittent-e-s du spectacles et plus généralement aux salarié-e-s qui alternent des périodes de chômage et de travail sous contrat court.

Ce délibéré se présente comme un élément nouveau, puisqu’aucune affaire similaire n’avait jamais jusqu’à aujourd’hui rencontré de suite favorable.

A ce jour, et malgré un travail quotidien sur les textes, il nous est encore impossible de déterminer véritablement la portée de certains articles ou dispositions et par là même l’étendue de nos droits. Or, il semble impensable que les assuré-e-s, dont nous sommes, ne soient pas en mesure d’appréhender correctement leurs droits à la protection sociale, qui, pour l’heure, est encore un des socles de notre société.

Nous travaillons pour que les incertitudes sur la réglementation existante et son application, soient levées. Ce, d’autant que nous ne savons par encore si certaines de nos situations sont dues à un vide juridique ou une application des textes, volontairement défavorables.

La requête initiale a été déposée en décembre 2009 et a donné lieu à cinq renvois successifs. Qu’est-ce qui a fait basculer le verdict en faveur de la plaignante ?

Nous ne savons pas ce qui a fait basculer le verdict en faveur de la plaignante. Cependant, il n’est pas impossible que les conclusions du Défenseur des droits, constatant un cas de discrimination et diligentant un avocat pour le faire valoir, aient contribué à ce que la plaignante obtienne gain de cause.

Sur ce dossier, nous pouvons affirmer en revanche que les diverses écritures de la sécurité sociale ont délibérément maintenu une occultation de l’article 311-5 pour l’étude des droits.

Depuis quand le collectif se bat-il pour obtenir l’indemnisation des congés maternité pour les intermittentes du spectacle ?

Le collectif se bat en fait depuis plus de deux ans pour l’indemnisation par la sécurité sociale des congés maladie et maternité des salarié-e-s en profession discontinue, lesquels ne se résument pas aux seules intermittentes du spectacle. Notre secteur étant particulièrement touché par les problèmes d’indemnisation, nous avons pris le parti de nous défendre et de le médiatiser.

Cependant, de nombreux pigistes, vacataires ou intérimaires rencontrent les mêmes problèmes que les intermittent-e-s du spectacles.

Nous nous battons pour que tous-tes les salarié-e-s, qui alternent des périodes sans activité salariée et de travail, puissent avoir droit à une protection sociale décente et continue.

Propos recueillis par Catherine Capdeville – EGALITE

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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 15:18
          Le mercredi 15 février, le Tribunal des affaires de la sécurité sociale a rendu son délibéré dans une affaire qui opposait une intermittente du spectacle à la sécurité sociale
La requête de la plaignante faisait suite à l'absence d'indemnisation de son congé maternité par la Caisse primaire d'assurance maladie de Paris. La plaignante ne remplissant pas les conditions d'ouverture de droits selon les articles 313-3 et 313-7 du code de la sécurité sociale, a fondé son argumentaire sur la possibilité d'application de l'article 311-5 (article dit de maintien de droits). Selon elle et son avocate maître Assoune, cet article était volontairement occulté par la sécurité sociale, au motif que celui-ci ne s'appliquait pas aux professions discontinues. 
          La juge a estimé la plainte recevable, au titre de l'article 311-5.
S'il est convenu que cet article s'applique aux chômeurs, anciennement en CDI, il est maintenant reconnu, grâce à ce délibéré, qu'il peut s'appliquer dans certains cas aux intermittents du spectacles et plus généralement aux salariés qui alternent des périodes de chômage et de travail sous contrat court.
          La requête initiale a été déposée en décembre 2009 et a donné lieu à cinq renvois successifs. 
En novembre 2011, le Défenseur des droits a conclu à un cas de discrimination, et a diligenté un avocat pour plaider aux côtés de maître Assoune, l'avocate de la plaignante.
          C'est une victoire, non contre la sécurité sociale, mais pour le droit de chacun à bénéficier d'une protection sociale cohérente.

C'est aussi une victoire contre l'émiettement programmé d'une solidarité qui nous est chère et seule capable de faire frein au système libéral qui ravage notre monde.
Celle-ci est née d'un travail de recherches et de réflexions mené à plusieurs ; en particulier au sein du collectif des Matermittentes et de la Coordination des Intermittents et Précaires ainsi qu'avec l'avocate, Maître Assoune.

Détail du cas :
Date de grossesse : 7 novembre 2008
Date de congé maternité : 7 juillet 2009
Au regard des articles 313-3 et  313-7, la plaignante ne remplit aucune condition.
Dans les 3 mois qui précèdent le début de grossesse : 0 heures.
Dans les 3 mois qui précèdent le début de congé maternité : 138 heures.
Dans les 12 mois qui précèdent le début de grossesse : 720 heures.
Dans les 12 mois qui précèdent le début de congé maternité : 624 heures.
Aucune cotisation égale ou au-delà des 2030x le SMIC sur 12 mois précédant l'une et l'autre date. Environ 470 heures de travail entre le début de grossesse et de le début de congé maternité.
Au regard de l'article 311-5, la plaignante remplit une condition.
Elle ouvre des droits aux assedics début novembre 2008 (pour une période de 243 jours) et est donc au début de sa grossesse, en situation de chômage indemnisé, sur la base de son dernier contrat de travail datée du 15 juillet 2008. Elle n'a pas travaillé entre le 15 juillet 2008 et le 7 novembre, date du début de grossesse.
Sur les 3 mois qui précèdent son dernier contrat de travail avant son début de grossesse soit du 15 juillet  au 15 avril 2008, elle a effectué 304 heures et 916 heures, dans les 12 mois précédant le même contrat. 
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 16:11


Une journaliste prépare pour le site ELLE.fr un dossier sur les femmes et la précarité. Dans ce cadre, elle est à la recherche du témoignage d'une femme matermittente pour raconter les difficultés auxquelles elle a dû faire face lors de sa grossesse. Cela peut se faire de manière anonyme. 

Contact: norine.raja at gmail.com

Si vous la contactez, merci d'adresser une copie de votre mail à: matermittentes at gmail.com


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Présentation

  • : Le blog des matermittentes
  • : Ce blog regroupe de nombreuses femmes à emploi discontinu qui luttent pour faire valoir leurs droits. Nous voulons notamment faire reconnaître la discrimination qui existe en ce qui concerne les congés maternité, et l'engrenage de complications et de difficultés qu'entraîne le traitement aléatoire de l'indemnisation d'un congé maternité ou maladie par la sécurité sociale, pour les personnes aux emplois irréguliers...
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