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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 10:44

Le 12/06/2014 à 13h46- Mis à jour le 13/06/2014 à 17h0

http://www.telerama.fr/scenes/paroles-d-intermittents-c-est-insupportable-de-perdre-son-revenu-parce-qu-on-a-eu-un-gosse,113671.php

 

 

Propos recueillis par Yohav Oremiatzki



Témoignage | Privilégiés les intermittents ? Derrière les chiffres, les abus dénoncés par tous, se cache une réalité souvent difficile à vivre.


Vidéaste, documentariste, Hélène Crouzillat est aussi cofondatrice du collectif des Matermittentes qui se bat pour que les droits des intermittentes soient maintenus pendant leur congé maternité. Elle est parvenue à récupérer ses propres indemnités au terme d’un parcours administratif kafkaïen de trois ans. Témoignage.

« A la naissance de mon deuxième enfant, en 2009, la Sécurité sociale refuse de m’indemniser pendant mon congé maternité ; je n’avais pas exactement travaillé les deux cents heures nécessaires au cours des trois mois précédant l’arrêt, mais j’avais largement cotisé à d’autres périodes. Décidée à m'opposer à cette décision, je planche sur le code de la Sécu et commence à monter un argumentaire.

La Coordination des intermittents et précaires d'Ile-de-France (CIP-IDF) me met alors en relation avec des filles qui se trouvent dans la même situation. A quelques-unes, nous montons le collectif des Matermittentes et saisissons Dominique Baudis, le Défenseur des droits, pour faire valoir une trentaine de dossiers, dont le mien. De mon côté, je saisis le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) qui me convoque fin 2011. Le Défenseur des droits se déplace en personne à l’audience et rend une conclusion prouvant qu’il y a bien eu discrimination pour nous toutes. Je gagne le procès quelques mois plus tard. Notre collectif est ensuite invité au ministère du Travail qui manifeste sa volonté de rédiger une circulaire à l’intention de la Sécu. Finalement publiée en avril 2013, celle-ci réaffirme le principe du maintien de droits aux indemnités journalières de la Sécurité sociale (pour les chômeurs indemnisés). Mais depuis un an, on constate que les femmes ont toujours les mêmes problèmes.

« Financièrement on met deux ans à s’en remettre »

Ce n'est pas tout, les recommandations du Défenseur des droits n’ont pas été reprises dans la nouvelle convention d’Assurance chômage. Dominique Baudis avait pourtant demandé que soit pris en compte le congé maternité – même non indemnisé – dans le cumul des heures d’intermittence. Normalement, le congé maternité ou maladie de tout salarié compte pour cinq heures de travail par jour. Cela doit permettre d’atteindre les 507 heures nécessaires pour renouveler son régime annuel si on n’est pas loin du compte avant l’arrêt de travail. Dans ma situation, il fallait repartir à zéro : refaire 507 heures pour toucher les assedics seulement l’année suivante.

Financièrement, on met deux ans à se remettre d’une telle situation. J’ai dû emprunter 7 000 euros à ma famille. Comme on n’a plus de boulot, on ne trouve plus de place en crèche et on ne peut plus faire garder ses enfants, donc on n’a pas le temps de chercher du travail. C’est insupportable : on n’a plus aucun revenu parce qu’on a eu un gosse. Sans ressources, certaines dépriment comme des dingues ; moi je me suis servi de ma colère pour avoir gain de cause et apprendre la lutte collective. »

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Présentation

  • : Le Collectif Les Matermittentes (LCLM)
  • Le Collectif Les Matermittentes (LCLM)
  • : Le collectif regroupe des femmes à emploi discontinu qui luttent pour faire valoir leurs droits en matière de congés maternité et d'arrêts maladie. Nous luttons pour une juste application des lois et règlements par la Sécurité Sociale et Pôle emploi afin que la maternité et la maladie ne soient pas synonymes d'une rupture de protection sociale.
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